Un hommage personnel à Moya Brennan — avec mon regard de professeure de harpe

Diffusé dans la Newsletter - Juin 2026


Máire Philomena Ní Bhraonáin -1952/2026-

Ces derniers jours, je pense beaucoup à Moya Brennan. (décédée le 13 avril dernier 2026)

Comme beaucoup dans le monde de la musique celtique, je l’ai d’abord découverte comme une voix… mais avec le temps, j’ai compris quelque chose de plus profond : sa relation à la harpe.

En tant que professeure de harpe, je vois souvent mes élèves chercher “comment bien jouer”, “comment faire joli”.

Et au-delà de la technique, au-delà de la vitesse, au-delà de la complexité… je crois que Moya Brennan portait une réponse essentielle.


La harpe comme un souffle, pas comme une démonstration

Au sein de Clannad, la harpe n’est presque jamais là pour briller.

Elle n’est pas là pour impressionner — elle soutient, elle respire, elle écoute. C’est quelque chose que j’essaie de transmettre à mes élèves : la harpe n’est pas seulement un instrument que l’on “joue”… c’est un instrument que l’on habite.

Quand j’écoute Moya Brennan, je n’entends pas quelqu’un qui cherche à remplir l’espace. J’entends quelqu’un qui laisse exister le silence, la résonance, la fragilité. Et cela, en soi, est une leçon immense.


Ce qu’elle nous enseigne, à nous harpistes

On n’a pas besoin de beaucoup de notes pour dire quelque chose de vrai

Certains de ses moments les plus touchants sont d’une grande simplicité. En tant que professeure, c’est un rappel précieux : la profondeur ne vient pas de la complexité.

Le lien entre la voix et la harpe est fondamental

Même sans chanter, on peut “phraser” comme une voix. Respirer, modeler, laisser vivre les notes — elle incarnait cela naturellement.

La résonance fait partie de la musique

Dans un monde qui va vite, elle nous rappelle de laisser vibrer le son… et de lui faire confiance.

La sensibilité n’est pas une faiblesse

Son jeu n’était jamais démonstratif — et pourtant, il portait une force émotionnelle immense. C’est un message important pour beaucoup de harpistes.


Les morceaux vers lesquels je reviens

Quand je réécoute Clannad, certains morceaux reviennent comme des repères :

• “Theme from Harry’s Game” — pour sa pureté et son silence et ce morceau est devenu la signature de Clannad

• “In a Lifetime” (avec Bono) — pour ce dialogue émotionnel et lien unique avec Bono.

• “Newgrange” — pour son ancrage presque ancestral

• “Robin (The Hooded Man)” — pour son mystère et son pouvoir d’évocation

Ce ne sont pas seulement des morceaux — ce sont des espaces dans lesquels on revient.


Ce que je continuerai à transmettre, grâce à cette leçon que Moya nous à transmis.

S’il y a une chose que je retiens de l’héritage de Moya Brennan, c’est peut-être celle-ci :

Nous ne sommes pas là seulement pour “bien jouer” de la harpe. Nous sommes là pour écouter, pour ressentir, et pour oser la simplicité.

Dans mon enseignement, je vois à quel point cela transforme les choses.

Un élève qui ralentit… qui écoute une seule note… qui laisse passer une émotion… fait déjà de la musique.

Et en cela, Moya Brennan continue d’enseigner — à travers chaque harpiste qui choisit la sincérité plutôt que la démonstration.



 
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